© 2017-2019  Charlotte Heninger

Communiqué de presse pour l'exposition En Dehors des Limites du Lac Futur

Laëtitia Toulout, commissaire de l'exposition 

W, Pantin, du 18 au 25 juin 2019

(English below)

Immersion et suspensions : des bribes de métal et de végétaux serpentent et se balancent imperceptiblement du plafond vers le sol. Sur la surface coule une peau, un lac de débris entremêlés. Des feuilles en céramique poussent de part et d’autre, pendues à des chainettes ou transpercées par des cornes brulées. Une lumière orange et artificielle se reflète en elles, imprègne l’espace entier. L'environnement se dessine.  Il prend des airs de serre tropicale, inquiétante. Des courbes longiformes serpentent sans réel mouvement, reptiles insidieux. Les matières et les corps sont froids, mais on jurerait qu’une fois la nuit tombée, ils se réveillent et fourmillent.

« Dans le clair de lune, les plages blanches du delta luisaient comme des bancs de craie lumineux et les serpents qui couvaient sur la dune évoquaient les adorateurs d’un soleil de minuit. »  Si dans Le Delta au crépuscule de J.G Ballard le narrateur devient obsédé par des milliers de serpents, intenses projections de son esprit qui apparaissent quotidiennement sur une dune - jusqu’à l’abandon progressif de sa propre vie - ici les tournures mentales et visions fantasmées de temps, de lieux et d’entités alternatives prennent corps, s’agrippent à la vie. Elles sont réelles.

Dans ce contexte, les civilisations humaines paraissent avoir été anéanties depuis longtemps - dévastées par la lave d’un volcan, un tsunami total ou une pollution radicale. Il reste d’elles un lac de souvenirs immatériels... Des lumières, un souffle, des particules, une intelligence. Ceux- ci sont imperceptibles, ils se racontent dans les substances et les fragments, les indices des histoires supraterrestres que le public est invité à vivre. Des corps, des danses, disséminées dans l’espace et dans les êtres, telles des graines qui s’adaptent à différentes strates du temps.İl faudra aux visiteur·euses recomposer un probable passé et imaginer l'extraordinaire futur qui peut en découler. La narration se situe dans les sensations et les déductions.

En dehors des limites du lac futur se dessine une destinée imaginée, aux frontières des sciences et de la fiction. La vie n’est jamais une alternative : c’est pourquoi elle se réinvente et se métamorphose en permanence. Les entités sont perpétuellement mutantes. Une sève dégoulinante pourrait sans doute éveiller et initier le mouvement. Dans ce cycle, la figure du serpent est centrale : ligne avec un début et une fin qui glisse et se courbe, ou bien forme qui se mord la queue, devenant alors mouvement concentrique et infini.

Une nouvelle mythologie s’ébruite.

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Press release

En Dehors des Limites du Lac Futur

Solo exhibition from the 18th to the 25th of June 2019

 

 

Immersion and suspensions/hangings : metal and vegetable scraps imperceptibly snake and sway from the ceiling to the floor. Over the surface flows a skin, a lake of intertwined 

remains/debris. Leaves made of ceramic grow on either side, hung to small chains and burnt horns piercing through. An orange and artificial light is reflected in them, pervades the entire space. The environment takes shape. It begins to look like a tropical greenhouse, disturbing. Elongated curved lines snake, actually motionless, (like) insidious reptiles. The materials and the bodies are cold, yet you could swear that, after nightfall, they awaken and swarm about.

 

« Dans le clair de lune, les plages blanches du delta luisaient comme des bancs de craie lumineux et les serpents qui couvaient sur la dune évoquaient les adorateurs d’un soleil de minuit. » Whereas In The Delta At Sunset from J.G. Ballard the narrator becomes obsessed with thousands of snakes, intense projections from his mind which daily appear on a dune - until he gradually relinquishes his own life - here the mental turns and the fantasized visions of time, places and alternative entities come and cling to life. 

They are real.

 

In this context, human civilizations seem to have been annihilated for a long time - devastated by volcano lava, a global tsunami or extreme pollution. From them remains a lake of immaterial memories… Lights, a breath, particles, an intelligence. These are imperceptible, their tales are told in the substances and the fragments, in the clues of superterranean stories that the audience is invited to experience. Bodies, dances, spread around the space and into the beings, like seeds which adapt to different strata of time. The visitors will have to reconstruct a probable past and to imagine the incredible future that could result from it. Narration is in the sensations and the inferences.

 

Outside The Future Lake Boundaries comes together with a designed purpose, at the frontiers of sciences and fiction. Life is never an alternative : that’s why it constantly reinvents and transforms itself. Entities perpetually mutates. A dripping sap could, in all likelihood, arouse and initiate the movement. In this cycle, the figure of the snake is central : either a line with a beginning and an end which glides and curves, or a form biting its own tail, then becoming a concentric and endless motion. A new mythology leaks out.